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dimanche 18 mai 2008

La nuit au musée

[Article publié dans le quotidien Dernières Nouvelles d'Alsace le 18 mai 2008.]

Une foule nombreuse a participé hier à la Nuit des musées à Strasbourg. A cette occasion, les étudiants de l'Institut national des sciences appliquées d'architecture ont proposé au musée zoologique des animations destinées à tous les âges.

"Proposer au public un autre regard sur les vitrines présentant les animaux" : voilà l'objectif que s'étaient fixé les étudiants en architecture de l'INSA pour cette quatrième édition de la Nuit des Musées.

Plusieurs animations jalonnaient le parcours des visiteurs entre le rez-de-chaussée et le second étage du musée zoologique. Certaines relevant des arts plastiques, comme cette sculpture pleine de poésie d'un chef d'orchestre placée face aux vitrines présentant des oiseaux ou encore cette immense volière tendue dans les escaliers. D'autres en mode théâtral, avec des étudiants se relayant pour lire quelques-unes des plus célèbres Fables de La Fontaine.

Assis en tailleur au centre d'un cercle d'animaux, ils employaient tour à tour un ton humoristique ou plus sérieux. L'ensemble évoquait joliment l'enfant absorbé par sa lecture et s'évadant dans un monde imaginaire peuplé d'animaux.

Dans le reste du musée, après une première demi-heure de forte affluence rappelant plus l'ouverture des soldes qu'une sortie culturelle, les parents semblent apprendre autant que leurs enfants. "Regarde les pingouins là-bas ! Ah non, au temps pour moi, ce sont des manchots", dit en rougissant une jeune mère à sa fille. "Tu te rends compte que les otaries mâles ne sont agressives que si on attaque leur territoire", glisse, visiblement impressionné, un quinquagénaire à sa compagne. En tout cas, aucun ne s'est attardé devant la vitrine du tigre, "qui a l'air de nous suivre des yeux où qu'on se place"...

lundi 28 avril 2008

Adopolis


Article publié dans "Viva Cité" et sur le site de l'école de journalisme de Strasbourg MCS Info.

Les élus du Conseil des jeunes de Strasbourg quittent leurs fonctions en juin. Ils en retirent une volonté d'engagement et une conscience citoyenne.

Cheveux en pics, baskets Converse aux pieds et sacs à dos : ces élus-là ressemblent peu à ceux qui siègent habituellement dans les locaux de la CUS. D'ici quelques semaines, les 129 membres actuels du Conseil des jeunes de Strasbourg parviendront au terme de leur mandat de 18 mois. Finies les réunions hebdomadaires en commissions, les séances plénières tous les six mois et les sorties, qu’il s’agisse d’une visite des institutions européennes ou de l’inauguration du TGV Est. Elus par leurs pairs dans chaque établissement, ces collégiens majoritairement âgés de treize à quinze ans ont fait l'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie. Mais aussi de la prise de décisions en communauté.

«Travailler à une centaine n'est pas quelque chose de facile, il y en a toujours qui discutent entre eux, qui s'amusent », raconte Vincent, quinze ans. « Même au sein des commissions, qui ne comportent qu'une vingtaine d'inscrits, les débats peuvent être très houleux », ajoute Laura. Mais paradoxalement, l'ambiance des réunions du Conseil des jeunes de Strasbourg est presque plus calme que celle régnant lors des sessions de leurs homologues adultes, rythmées d'invectives et d'applaudissements. Réunis en commissions thématiques (culture/animation, environnement, solidarité, sécurité, aménagement/cadre de vie, sport, Europe, justice, citoyenneté), les conseillers jeunes ont proposé des projets qui ont ensuite été débattus et votés en séance plénière, en présence de l'ancienne maire de la ville, Fabienne Keller. Il leur a donc fallu apprendre à se faire entendre, à défendre leurs idées, à faire des compromis.

Ce travail en groupes reste pour eux l'un des meilleurs souvenirs de ce mandat. Pour Jordan, quatorze ans, cela a même été primordial : « J'ai rencontré des personnes que je ne connaissais pas. Maintenant, il arrive qu'on se voit en dehors du Conseil et de nos réunions. » Des propos confirmés par Laurence Mauler et Roger Noutcha, fonctionnaires de la Ville responsables du Conseil des jeunes : « Au début, ils s'asseyaient par petits groupes en fonction de leurs quartiers et collèges d'origine. Mais après quelques mois, le brassage s'est fait. La première séance plénière les a soudés car ils ont dû se battre pour leurs projets. »

Ces projets sont leur plus grande fierté. Ce sont eux qui leur ont permis d'honorer les professions de foi les ayant fait élire et leur ont démontré qu'ils avaient bien un rôle à jouer à Strasbourg. Beaucoup sont en cours de réalisation : une carte culture qui permettrait aux collégiens de bénéficier de promotions analogues à celles des lycéens, des films sur le handicap, une journée-découverte de sports peu pratiqués... D’autres ont déjà abouti.

« Sensibiliser les gens »

Eline faisait partie de la commission Solidarité. Elle et ses camarades ont mis en place une campagne d'affichage dans toute la ville pour sensibiliser les gens aux problèmes de l'exclusion et du racisme. « Bien sûr, ça n'a pas révolutionné les choses – il y aura toujours des racistes – mais ça permet d’en parler », affirme-t-elle. Marion, également membre de cette commission, témoigne : « Quand je prenais le bus, j’en profitais pour demander aux autres passagers leurs avis sur notre campagne d’affichage. Les retours étaient positifs. » Pour tous, cela ne fait aucun doute : « Oui, nous avons été écoutés et utiles. » Pour l'ensemble des jeunes collégiens qu'ils représentent, mais aussi pour eux-mêmes, ce mandat aura été bénéfique : « Ça m'a permis d'avancer, ça nous a permis à tous d'avancer », dit Vincent.

Cette expérience aura été une excellente introduction à un engagement plus poussé dans la Cité. La visite des institutions européennes, les rencontres avec les membres de l'équipe municipale... Autant de moments-clés pour ces futurs citoyens, décidés à persévérer dans cette voie. « On nous a donné la parole, alors nous l'avons prise. Je pense continuer à m'engager plus tard, dans des associations, puis, pourquoi pas, en politique », explique Lauranne, quinze ans. Un seul regret : celui de devoir abandonner leurs fonctions en juin, alors que certains de leurs projets n'ont pas encore abouti. « Mais même s'ils ne peuvent pas se représenter pour un nouveau mandat, ils pourront rester associés et suivre l'évolution de leurs projets », rassure Laurence Mauler. Ce qui ne les empêchera pas de ressentir une « grande sensation de vide » lorsqu’arriveront les mercredis après-midi. Moments pendant lesquels ils se réunissaient depuis un an et demi.