lundi 28 avril 2008

Adopolis


Article publié dans "Viva Cité" et sur le site de l'école de journalisme de Strasbourg MCS Info.

Les élus du Conseil des jeunes de Strasbourg quittent leurs fonctions en juin. Ils en retirent une volonté d'engagement et une conscience citoyenne.

Cheveux en pics, baskets Converse aux pieds et sacs à dos : ces élus-là ressemblent peu à ceux qui siègent habituellement dans les locaux de la CUS. D'ici quelques semaines, les 129 membres actuels du Conseil des jeunes de Strasbourg parviendront au terme de leur mandat de 18 mois. Finies les réunions hebdomadaires en commissions, les séances plénières tous les six mois et les sorties, qu’il s’agisse d’une visite des institutions européennes ou de l’inauguration du TGV Est. Elus par leurs pairs dans chaque établissement, ces collégiens majoritairement âgés de treize à quinze ans ont fait l'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie. Mais aussi de la prise de décisions en communauté.

«Travailler à une centaine n'est pas quelque chose de facile, il y en a toujours qui discutent entre eux, qui s'amusent », raconte Vincent, quinze ans. « Même au sein des commissions, qui ne comportent qu'une vingtaine d'inscrits, les débats peuvent être très houleux », ajoute Laura. Mais paradoxalement, l'ambiance des réunions du Conseil des jeunes de Strasbourg est presque plus calme que celle régnant lors des sessions de leurs homologues adultes, rythmées d'invectives et d'applaudissements. Réunis en commissions thématiques (culture/animation, environnement, solidarité, sécurité, aménagement/cadre de vie, sport, Europe, justice, citoyenneté), les conseillers jeunes ont proposé des projets qui ont ensuite été débattus et votés en séance plénière, en présence de l'ancienne maire de la ville, Fabienne Keller. Il leur a donc fallu apprendre à se faire entendre, à défendre leurs idées, à faire des compromis.

Ce travail en groupes reste pour eux l'un des meilleurs souvenirs de ce mandat. Pour Jordan, quatorze ans, cela a même été primordial : « J'ai rencontré des personnes que je ne connaissais pas. Maintenant, il arrive qu'on se voit en dehors du Conseil et de nos réunions. » Des propos confirmés par Laurence Mauler et Roger Noutcha, fonctionnaires de la Ville responsables du Conseil des jeunes : « Au début, ils s'asseyaient par petits groupes en fonction de leurs quartiers et collèges d'origine. Mais après quelques mois, le brassage s'est fait. La première séance plénière les a soudés car ils ont dû se battre pour leurs projets. »

Ces projets sont leur plus grande fierté. Ce sont eux qui leur ont permis d'honorer les professions de foi les ayant fait élire et leur ont démontré qu'ils avaient bien un rôle à jouer à Strasbourg. Beaucoup sont en cours de réalisation : une carte culture qui permettrait aux collégiens de bénéficier de promotions analogues à celles des lycéens, des films sur le handicap, une journée-découverte de sports peu pratiqués... D’autres ont déjà abouti.

« Sensibiliser les gens »

Eline faisait partie de la commission Solidarité. Elle et ses camarades ont mis en place une campagne d'affichage dans toute la ville pour sensibiliser les gens aux problèmes de l'exclusion et du racisme. « Bien sûr, ça n'a pas révolutionné les choses – il y aura toujours des racistes – mais ça permet d’en parler », affirme-t-elle. Marion, également membre de cette commission, témoigne : « Quand je prenais le bus, j’en profitais pour demander aux autres passagers leurs avis sur notre campagne d’affichage. Les retours étaient positifs. » Pour tous, cela ne fait aucun doute : « Oui, nous avons été écoutés et utiles. » Pour l'ensemble des jeunes collégiens qu'ils représentent, mais aussi pour eux-mêmes, ce mandat aura été bénéfique : « Ça m'a permis d'avancer, ça nous a permis à tous d'avancer », dit Vincent.

Cette expérience aura été une excellente introduction à un engagement plus poussé dans la Cité. La visite des institutions européennes, les rencontres avec les membres de l'équipe municipale... Autant de moments-clés pour ces futurs citoyens, décidés à persévérer dans cette voie. « On nous a donné la parole, alors nous l'avons prise. Je pense continuer à m'engager plus tard, dans des associations, puis, pourquoi pas, en politique », explique Lauranne, quinze ans. Un seul regret : celui de devoir abandonner leurs fonctions en juin, alors que certains de leurs projets n'ont pas encore abouti. « Mais même s'ils ne peuvent pas se représenter pour un nouveau mandat, ils pourront rester associés et suivre l'évolution de leurs projets », rassure Laurence Mauler. Ce qui ne les empêchera pas de ressentir une « grande sensation de vide » lorsqu’arriveront les mercredis après-midi. Moments pendant lesquels ils se réunissaient depuis un an et demi.

"Dans la pénombre de la salle de café le patron dispose les tables et les chaises, les cendriers, les siphons d’eau gazeuse; il est six heures du matin.

Il n’a pas besoin de voir clair, il ne sait même pas ce qu’il fait. Il dort encore. De très anciennes lois règlent le détail de ses gestes, sauvés pour une fois du flottement des intentions humaines; chaque seconde marque un pur mouvement : un pas de côté, la chaise à trente centimètres, trois coups de torchon, demi-tour à droite, deux pas en avant, chaque seconde marque, parfaite, égale, sans bavure. Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Chaque seconde à sa place exacte.

Bientôt malheureusement le temps ne sera plus le maître. Enveloppés de leur cerne d’erreur et de doute, les événements de cette journée, si minimes qu’ils puissent être, vont dans quelques instants commencer leur besogne, entamer progressivement l’ordonnance idéale, introduire çà et là, sournoisement, une inversion, un décalage, une confusion, une courbure, pour accomplir peu à peu leur oeuvre : un jour, au début de l’hiver, sans plan, sans direction, incompréhensible et monstrueux.

Mais il est encore trop tôt, la porte de la rue vient à peine d’être déverrouillée, l’unique personnage présent en scène n’a pas encore recouvré son existence propre. II est l’heure où les douze chaises descendent doucement des tables de faux marbre où elles viennent de passer la nuit. Rien de plus. Un bras machinal remet en place le décor.

Quand tout est prêt, la lumière s’allume…

Un gros homme est là debout, le patron, cherchant à se reconnaître au milieu des tables et des chaises. Au-dessus du bar, la longue glace où flotte une image malade, le patron, verdâtre et les traits brouillés, hépatique et gras dans son aquarium.

De l’autre côté, derrière la vitre, le patron encore qui se dissout lentement dans le petit jour de la rue. C’est cette silhouette sans doute qui vient de mettre la salle en ordre; elle n’a plus qu’à disparaître. Dans le miroir tremblote, déjà presque entièrement décomposé, le reflet de ce fantôme; et au-delà, de plus en plus hésitante, la kyrielle indéfinie des ombres : le patron, le patron, le patron… Le Patron, nébuleuse triste, noyé dans son halo."

Alain Robbe-Grillet, Les Gommes, 1953

lundi 17 mars 2008

Les aveux de Noreaga


Billet publié sur le blog Details Matter en mars 2008.

"Hardcore comme reconnaître ses torts", rappait Kery James en 1998 sur l’album "Le Combat Continue" de son groupe Ideal J. Pas facile, en effet, de reconnaître qu’on s’est planté, et que si c’était à refaire, assurément on ferait autrement.

C’est ce qui rend le rappeur Noreaga, membre avec Capone du binôme C-N-N (Capone & Noreaga) si attachant. En 2000, le duo sort son second album, "The Reunion". Au début du meilleur titre de l’opus, 'Invincible', Noreaga lâche une phase incroyable. Quand j’ai saisi ce qu’il disait, j’ai dû me repasser le passage une bonne dizaine de fois pour être sûr d’avoir bien entendu.

"I can’t believe I fucked up and made a half-assed album" ("Je n’arrive pas à croire que j’aie déconné et fait un album naze")

Premier temps. Déjà dingue. Noreaga avoue que son album solo précédent, "Melvin Flynt – Da Hustler" était foireux. Je n’avais jamais entendu ce genre de confession dans le rap. Ni ailleurs. Il semble être le premier déçu, abasourdi par ce qu’il estime être un album à peine écoutable. "J’ai merdé", semble-t-il nous dire, et se dire à lui-même. Mais la suite est encore plus forte.

"My excuse is : my pop’s just died. And I ain’t wanna make music : my pop’s just died." ("Mon excuse : mon père venait de mourir. Et je n’avais plus envie de faire de musique : mon père venait de mourir.")

Deuxième temps. Non seulement Noreaga reconnaît ses torts, mais en plus il s’en excuse auprès de ses fans (pour info, la suite du couplet dit : "My fans stuck with me, my shit still went gold", c’est-à-dire : "Mes fans ont continué à me soutenir, mon truc a quand même fait disque d’or"). Mais il y a dans sa façon de le dire quelque chose de presque bouleversant. Je pense qu’il s’agit de la répétition de "My pop’s just died". Répétée et assénée comme une évidence, comme si Nore se trouvait face à un fan déçu lui demandant des comptes. Sans hausser la voix, presque sur le ton de la confidence. Pas besoin de crier pour toucher.

Il ne s’agit que de deux ou trois petites phrases perdues dans une carrière forte, à vue de nez, d’une grosse centaine de couplets. Mais elles méritent de résonner pour l’éternité dans la tête des auditeurs de rap, fans de Noreaga et de C-N-N ou non. Parce qu’une telle sincérité est rare. Même si elle n’empêcha pas que "The Reunion" soit aussi un "half-assed album".

dimanche 16 mars 2008

Les Quick Time Events


Billet publié sur le blog Details Matter en mars 2008.

J’ai découvert les Quick Time Events (QTE) il y a quelques années, en jouant à Shenmue, sur Dreamcast, la dernière console sortie des labos de Sega. Comme l’explique le lexique du site GameKult, “les QTE désignent une séquence cinématique interactive où le joueur doit presser une série de boutons dans le bon timing pour poursuivre l’action“.

En gros : vous jouez, puis soudain le symbôle d’une touche de la manette apparaît à l’écran. Puis une autre. Etc. Vous avez un temps limité pour appuyer sur chaque touche indiquée. Ce système met à l’épreuve la vivacité d’esprit du joueur, teste ses réflexes. Et ses nerfs. Car la moindre erreur, le moindre temps de réflexion trop long de quelques centièmes de seconde ne sont pas pardonnés. Et rater trois fois de suite ces séquences tape violemment sur le système. Des manettes ont déjà été fracassées contre des murs pour moins que ça.

Mais ce détail de gameplay était génial. Il permettait une nouvelle façon de jouer, sollicitant le joueur d’une toute nouvelle manière. Resident Evil 4 ou encore God Of War ont par la suite réutilisé ce système de jeu. J’ai par ailleurs appris récemment que les QTE n’ont en fait pas été inventés par Shenmue mais par les créateurs du jeu Dragon’s Lair, en 1983, et que les équipes responsables de Shenmue ont simplement popularisé et réactualisé un concept alors vieux de plus de quinze ans.

samedi 15 mars 2008

A l'époque, tout le monde voulait tuer le rock. Et maintenant ?


Billet publié sur le site Abcdrduson.com en mars 2008.

Je me trouve donc en ce moment-même au tribunal d'Aix-en-Provence pour l'affaire qui oppose le groupe Suprême NTM au temps qui passe. Les juges viennent à l'instant de rendre leur verdict.

Visages burinés et baggies jeans. Cris rauques et souffle court. Jeudi soir, Kool Shen et Joey Starr annonçaient officiellement sur Canal + la reformation du Suprême NTM. Dix ans après son dernier album solo, le groupe remontera sur scène à Bercy les 18, 19 et 20 septembre prochains. Le prix des places serait situé entre 45 et 99 euros. Sans commentaires.

Pour cette annonce, ils avaient choisi le plateau du Grand Journal, animé par Michel Denisot. Le même qui avait plus ou moins lancé leur "carrière télévisuelle" il y a une grosse quinzaine d'années. Omar & Fred, Ramzy, Julia Channel, Olivier Besancenot, Jérôme Le Banner, Clothilde Courau et Pascal Obispo en invités-amis (sic) : autant dire que ça sentait les paillettes, contexte oblige. Tout le monde était vachement ému ; nous aussi, forcément un peu quand même. Enfants du rap, quoi. C'était mignon tout plein. Et triste en même temps. Comme un goûter d'anniversaire où tout le monde ferait un peu semblant, qui rappelle surtout que les années tuent, que le plus beau est derrière et ne pourra pas être vécu à nouveau.

Alors pourquoi ce come-back ? Besoin d'argent ? Réelle envie de remonter sur scène ? Nostalgie ? Sans doute un mélange de tout cela. Toujours est-il que cette annonce, habilement transformée en événement musical de premier ordre, a éclipsé l'autre actualité rapologique surréaliste du moment : le concert égyptien d'IAM pour fêter les vingt ans du groupe, aux pieds des pyramides, qui avait lieu hier après-midi. Best ofs, compilations, concerts-anniversaires pharaoniques, reformation... C'est comme si les deux plus grands groupes de rap français étaient rattrapés par le temps et, pour NTM, par la necessité de faire savoir qu'on est encore là. Sans le dire, même si la phrase de Joey Starr sur la médiocrité scénique du rap français actuel et la nécessité pour les vieux tontons "de montrer ce que c'est de faire bouger" [citation de mémoire, donc faillible] le laissait penser. Sous les pavés, la plage. Sous les fanfaronnades, l'ego.

Au final, deux constats s'imposent. Déjà, au vu de leur prestation live, Kool Shen et Joey Starr ont intérêt à taffer d'ici septembre, parce que c'est pas gagné, notamment pour le "funky babtou", en manque de souffle et presque largué sur 'Seine Saint-Denis Style'. Ensuite, ce genre de reformation-événement rappelle méchamment les procédés des vieux groupes de rock & roll, les mêmes sur lesquels il était de bon ton de cracher des années plus tôt. Le retour au même schéma, malgré tout. Reste que les regards joyeux que Shen lançait à son acolyte pendant le live ne trompaient pas : il était réellement heureux d'être là.

vendredi 14 mars 2008

L'âme de George Pelecanos


Billet publié sur le blog Details Matter en mars 2008.

George Pelecanos aime la musique noire américaine. Dans ses romans, elle occupe une place prépondérante. Il ne se contente pas de signaler que ses personnages écoutent la radio ou un disque, mais les fait discuter de musique, théoriser, acheter des albums, les classer par labels et années de sortie…

"- C’est ce passage-là, dit Quinn en montrant du doigt le lecteur de cassettes de la Chevrolet de Strange.

- Il dit : “Hug her”.

Strange fredonna les paroles :
- “Makes you want to love her, you just got to hug her, yeah.”

- “You just got to fuck her.”, dit Quinn. C’est ce qu’il dit. Rembobine la chanson et écoute-la encore une fois.

(…)

- Ecoute, Terry, tu t’obsèdes sur des détails. Par une si belle journée, tu ferais mieux de te laisser porter par la chanson. C’est avec cet album que les Spinners ont débuté chez Atlantic. Certains disent que c’est le plus bel album de soul philadelphien qu’on ait jamais enregistré.”

- Oui, je sais, produit par Taco Bell.

- THOM Bell !

- Et ces deux mecs dont tu parles tout le temps, Procter et Gamble ?

- Gamble et Huff. N’empêche, cette musique, c’est le pied. Bon dieu, Terry, il aurait fallu que tu sois…

- … que je sois là, je sais.

- Exactement. Il suffit de rassembler tous les groupes qui jouaient surtout des chansons langoureuses en ce temps-là, les Chi-Lites, les Stylistics, Harold Melvin et Earth, Wind & Fire quand ils faisaient des morceaux lents, et on obtient la plus magnifique période de pop music de toute l’histoire. C’est comme si l’Amérique avait enfin créé… sa forme d’opéra à elle, tu vois."

(George Pelecanos, "Soul Circus", 2003)

C’est un détail de son style d’écriture qui doit, à la longue, agacer plus d’un lecteur. Mais qui m’enchante. Mieux : Pelecanos écrit les livres que je rêve d’écrire. De la même manière que Tarantino réalise les films que je rêve de réaliser. Et il y a du Tarantino dans Pelecanos, et vice versa. Dans cette manie du détail, dans cette volonté de placer des références culturelles populaires. Les discussions entre Derek Strange et son ami Terry Quinn ne sont pas foncièrement différentes de celles entre les gangsters de "Reservoir Dogs" sur le sens caché d’un morceau de Madonna ou de Pam Grier et Robert Forster sur les Delfonics ("Jackie Brown"). Il s’agit toujours de digressions n’ayant rien à voir avec l’intrigue centrale, mais qui permettent de mieux cerner les personnages et leur "background".

C’est ce détail qui fait toute la saveur des romans de Pelecanos, leur âme. Qui permet un prolongement du roman, si l’on est un peu curieux. Et nous devons être un certain nombre dans ce cas-là, puisque les traducteurs de "Soul Circus" avaient pris la peine de lister, à la fin de l’ouvrage, tous les titres de chansons cités.

vendredi 7 mars 2008

Les Portes de Racoon City


Billet publié sur le blog Details Matter en mars 2008.

J’ai toujours détesté me lever tôt. Pourtant, plus jeune, il est arrivé que je programme mon réveil une heure avant l’horaire habituel. C’était en 1998, j’étais collégien, et le jeu vidéo "Resident Evil 2" venait de sortir. C’est dire s’il était passionnant.

Pour ceux qui ne le savent pas, la saga "Resident Evil" a traumatisé une génération de joueurs de PlayStation. Il reste aujourd’hui encore l’exemple parfait du survival horror, ce genre vidéoludique dans lequel l’objectif est simple : sauver sa peau dans un environnement hostile.

Dans "RE 2", l’environnement hostile consiste en une armée de zombies et d’autres bestioles mutantes infectées par un virus. Je vous passe les détails du scénario. Rappelons seulement l’un des grands principes de ce survival horror : tuer zombies >> ouvrir porte >> si porte fermée, résoudre énigme et trouver clé pour ouvrir porte et pouvoir tuer nouveaux zombies.

Comme dans tout jeu video, il faut subir, entre chaque séquence de jeu, des temps de "loading", pendant lesquels les décors et autres éléments du jeu se chargent. Dans "RE 2", ces temps de latence interviennent entre chaque changement de pièce. Les programmateurs du jeu ont eu la bonne idée d’illustrer ces temps par un plan de la porte que l’on vient d’ouvrir : on entend les pas du personnage, puis la porte s’ouvre, sur un fond noir. Et l’on revient alors au jeu.

Ce détail m’a beaucoup marqué parce que pendant ce plan, il arrivait que des éléments sonores se mêlent à l’image. Le son du vent et des couinements si la porte donnait sur l’extérieur d’un bâtiment. Une musique d’accompagnement parfois : selon la tonalité de cette musique, on pouvait deviner si l’on arrivait dans un endroit hospitalier ou qui nécessiterait quelques coups de fusil à pompe en guise de crémaillère. Il me semble même - mais il y a bien longtemps que je n’ai pas rejoué à la saga "Resident Evil" - que l’on entendait parfois le bruissement fourbe de zombies rampants ou la course de dobermans décidés à vous bouffer. Mais je n’en suis même plus certain ; il se peut que j’aie été trop pris par le jeu et que mon cerveau malade ait inventé cela.

Il fallait donc rester constamment sur ses gardes, même pendant les temps de chargement. L’immersion totale. Et des souvenirs inoubliables pour tout "gamer". Aujourd’hui encore il m’arrive de repenser à tout cela au moment d’ouvrir une porte. A part ça, je vais bien.